{"id":4216,"date":"2025-05-15T12:56:06","date_gmt":"2025-05-15T12:56:06","guid":{"rendered":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/?p=4216"},"modified":"2025-06-02T09:40:59","modified_gmt":"2025-06-02T09:40:59","slug":"mapping-the-coast-to-save-the-past-satellite-data-supports-cultural-heritage-in-africa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/mapping-the-coast-to-save-the-past-satellite-data-supports-cultural-heritage-in-africa\/","title":{"rendered":"Cartographier la c\u00f4te pour sauver le pass\u00e9 : Les donn\u00e9es satellitaires au service du patrimoine culturel en Afrique"},"content":{"rendered":"<p>Au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, les littoraux du Kenya, de la Tanzanie et du S\u00e9n\u00e9gal ont subi d'importantes modifications, sous l'effet des pressions climatiques et du d\u00e9veloppement humain. D'importants sites patrimoniaux, tels que des mosqu\u00e9es swahilies, des sites de la fin de l'\u00e2ge de pierre, d'anciennes colonies de commerce c\u00f4tier et des b\u00e2timents de l'\u00e9poque coloniale qui reposaient autrefois sur un sol solide, sont aujourd'hui menac\u00e9s par l'\u00e9rosion, la mont\u00e9e des eaux ou l'enfouissement sous des couches de vase. Certains ont d\u00e9j\u00e0 disparu. Pour les communaut\u00e9s vivant dans ces zones c\u00f4ti\u00e8res, l'\u00e9volution des conditions c\u00f4ti\u00e8res pr\u00e9sente des risques \u00e9vidents pour les moyens de subsistance et les \u00e9tablissements. Pour les sites arch\u00e9ologiques ancr\u00e9s dans ces m\u00eames espaces, il s'agit d'un d\u00e9fi plus discret et \u00e0 plus long terme qui commence seulement \u00e0 \u00eatre mis en lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Les recherches men\u00e9es par Pamela Ochungo, g\u00e9ospatiologue et chercheuse postdoctorale \u00e0 l'Institut britannique d'Afrique de l'Est, ainsi que par une \u00e9quipe de chercheurs, ont adopt\u00e9 une approche unique pour mieux comprendre la pr\u00e9servation des sites du patrimoine africain, \u00e0 savoir marier l'arch\u00e9ologie et la science satellitaire. L'objectif n'est pas seulement de cartographier l'\u00e9volution du littoral, mais aussi de comprendre comment ces changements affectent les sites c\u00f4tiers africains qui t\u00e9moignent de la richesse et de la diversit\u00e9 de l'histoire du continent. Le r\u00e9sultat est un nouvel ensemble de donn\u00e9es num\u00e9riques qui documente la distribution et les caract\u00e9ristiques des sites arch\u00e9ologiques au Kenya, en Tanzanie et au S\u00e9n\u00e9gal, en combinant l'analyse diachronique des changements c\u00f4tiers avec la t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection avanc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pr\u00e9server le patrimoine c\u00f4tier de l'Afrique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1061\" height=\"786\" src=\"https:\/\/digitalearthafrica.org\/wp-content\/uploads\/Screenshot-2025-05-15-094805.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4218\" srcset=\"https:\/\/digitalearthafrica.org\/wp-content\/uploads\/Screenshot-2025-05-15-094805.jpg 1061w, https:\/\/digitalearthafrica.org\/wp-content\/uploads\/Screenshot-2025-05-15-094805-960x711.jpg 960w, https:\/\/digitalearthafrica.org\/wp-content\/uploads\/Screenshot-2025-05-15-094805-768x569.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1061px) 100vw, 1061px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Collage des divers types de sites et monuments arch\u00e9ologiques qui caract\u00e9risent les zones d'\u00e9tude examin\u00e9es ici. (A) Mosqu\u00e9e de Watamu Amani, Kenya ; (B) D\u00e9p\u00f4t de coquillages \u00e0 Dioron Boumak, S\u00e9n\u00e9gal ; (C) Grotte de Kuumbi, un site de la fin de l'\u00e2ge de pierre \u00e0 Unguja, Tanzanie ; (D) Cimeti\u00e8re de Joal-Fadiouth, fouill\u00e9 dans un d\u00e9p\u00f4t de coquillages, S\u00e9n\u00e9gal ; (E) Ruines de la petite mosqu\u00e9e associ\u00e9e \u00e0 la p\u00e9riode swahili sur l'\u00eele de Tumbatu, Unguja Nord, Tanzanie ; (F) Jumba la Mtwana, Kenya ; (G) Vue des b\u00e2timents de la p\u00e9riode historique sur l'\u00eele de Gor\u00e9e, S\u00e9n\u00e9gal ; (H) Site de la crique de Mida, Kenya ; (I) Kilwa Gereza - palais swahili \u00e0 Kilwa Kisiwani, Tanzanie. (cr\u00e9dit : Ochungo et al)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Un certain nombre de sites class\u00e9s au patrimoine mondial de l'UNESCO sont situ\u00e9s le long des c\u00f4tes du Kenya, de la Tanzanie et du S\u00e9n\u00e9gal. Il s'agit notamment de la vieille ville de Lamu, la plus ancienne et la mieux pr\u00e9serv\u00e9e des villes swahilies d'Afrique de l'Est, de Songo Mnara en Tanzanie, une ville m\u00e9di\u00e9vale swahilie en pierre qui a \u00e9t\u00e9 occup\u00e9e du XIVe au XVIe si\u00e8cle, et de l'\u00eele de Gor\u00e9e au S\u00e9n\u00e9gal, une petite \u00eele au large de Dakar qui a \u00e9t\u00e9 le plus grand centre de traite d'esclaves d'Afrique entre les ann\u00e9es 1400 et 1800.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, il existe de nombreux sites patrimoniaux non r\u00e9pertori\u00e9s qui, historiquement, ont fait l'objet d'une surveillance moins rigoureuse en raison de la raret\u00e9 de la documentation les concernant. Les recherches du Dr Ochungo et de son \u00e9quipe s'appuient sur les sites arch\u00e9ologiques de la base de donn\u00e9es MAEASaM (un projet de num\u00e9risation qui vise \u00e0 identifier et \u00e0 documenter les sites du patrimoine arch\u00e9ologique africain en danger), et les associent \u00e0 des donn\u00e9es d'observation de la Terre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tirer parti des services de Digital Earth Africa<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ochungo&nbsp;<em>et al&nbsp;<\/em>a utilis\u00e9 les outils et les services de Digital Earth Africa pour entreprendre une cartographie compl\u00e8te du littoral et des changements temporels dans des zones s\u00e9lectionn\u00e9es sur une p\u00e9riode de pr\u00e8s de quarante ans (de 1984 \u00e0 2023).  L'analyse comprenait l'application de l'indice de diff\u00e9rence d'eau normalis\u00e9 modifi\u00e9 (IDENM).<strong>)&nbsp;<\/strong>pour d\u00e9tecter les alt\u00e9rations quantitatives du littoral, ainsi que le flux de travail sur l'\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re de Digital Earth Africa et le r\u00e9f\u00e9rentiel de donn\u00e9es sur les littoraux, pour analyser les littoraux annuels et les taux d'\u00e9rosion.<\/p>\n\n\n\n<p>Il en r\u00e9sulte un solide ensemble de donn\u00e9es g\u00e9ospatiales qui permet aux chercheurs de d\u00e9terminer avec pr\u00e9cision les sites menac\u00e9s, ceux qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s et les endroits o\u00f9 les efforts de protection sont les plus n\u00e9cessaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le delta du Saloum au S\u00e9n\u00e9gal, un site important pour les artefacts et les cimeti\u00e8res, la grande majorit\u00e9 des sites (80 %) n'ont pas \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s par les changements c\u00f4tiers. Mais parmi ceux qui ont subi des changements, l'\u00e9rosion a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e plus importante que la croissance c\u00f4ti\u00e8re. Cependant, \u00e0 Mombasa, l'analyse a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des changements c\u00f4tiers significatifs. Sur 36 sites du patrimoine, environ 39 % ont subi un recul du littoral.  Dix des sites concern\u00e9s sont confront\u00e9s \u00e0 un taux d'\u00e9rosion moyen d'environ 17,2 m\u00e8tres par an. Sur l'\u00eele de Pemba, en Tanzanie, une \u00eele \u00e0 l'histoire commerciale, agricole et religieuse dynamique, 17,9 % des 39 sites du patrimoine ont connu un recul du trait de c\u00f4te et 7,7 % une croissance du littoral.  La recherche montre un taux de recul annuel moyen, indiquant que l'\u00e9rosion est la tendance la plus courante parmi les sites qui ont subi des changements. La croissance du littoral enregistr\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 de nombreux sites peut cr\u00e9er un probl\u00e8me distinct d'accumulation de s\u00e9diments qui pourrait conduire \u00e0 l'enfouissement et \u00e0 un \u00e9ventuel d\u00e9veloppement urbain au fil du temps.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des donn\u00e9es pour agir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui d\u00e9finit Ochungo&nbsp;<em>et al.<\/em>&nbsp;L'originalit\u00e9 de la recherche n'est pas seulement l'ampleur de l'analyse, mais aussi les outils qui l'ont rendue possible. Digital Earth Africa a jou\u00e9 un r\u00f4le important en offrant un acc\u00e8s libre \u00e0 des ensembles de donn\u00e9es \u00e0 long terme pr\u00eats \u00e0 \u00eatre analys\u00e9s, ce qui a permis \u00e0 l'\u00e9quipe d'effectuer une analyse d\u00e9taill\u00e9e du littoral dans plusieurs pays.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats de l'\u00e9tude, \u00e0 savoir les cartes, les donn\u00e9es et les classifications des modifications du littoral, offrent un point d'entr\u00e9e clair pour l'action. Ils peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour \u00e9clairer les d\u00e9cisions politiques, guider les efforts de conservation des communaut\u00e9s ou orienter les recherches futures. Dans certains cas, les donn\u00e9es peuvent aider \u00e0 justifier la sauvegarde d'un site avant qu'un changement irr\u00e9versible ne se produise. Dans d'autres cas, elles peuvent contribuer \u00e0 une meilleure compr\u00e9hension de la mani\u00e8re dont les facteurs environnementaux remod\u00e8lent les sch\u00e9mas de peuplement c\u00f4tier.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s'agit d'une vision convaincante de ce qui est possible lorsque les donn\u00e9es g\u00e9ospatiales rencontrent la recherche culturelle. Alors que les pressions climatiques ne cessent de cro\u00eetre, des outils tels que ceux propos\u00e9s par Digital Earth Africa joueront un r\u00f4le central dans la mani\u00e8re dont nous surveillons et r\u00e9agissons \u00e0 l'\u00e9volution des c\u00f4tes - non seulement pour prot\u00e9ger les sites physiques eux-m\u00eames, mais aussi pour veiller \u00e0 ce que les connaissances et le contexte ne soient pas perdus dans le processus.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lire l'int\u00e9gralit\u00e9 du document de recherche ici<\/strong><br>Ochungo, P., Sagna, N., Neema, V., et al. (2025).&nbsp;<em>Dynamique du littoral et sites du patrimoine culturel au Kenya, en Tanzanie et au S\u00e9n\u00e9gal : int\u00e9gration de la t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection et des connaissances arch\u00e9ologiques<\/em>. Journal of Maps, 21(1).&nbsp;<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/17445647.2025.2487454\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/17445647.2025.2487454<\/a><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Over the last few decades, coastlines in Kenya, Tanzania and Senegal have undergone significant shifts, shaped by climate pressures and human development. Important heritage sites that include Swahili mosques, late stone age sites, ancient coastal trading settlements, and colonial-era buildings that once stood firm on solid ground are now threatened by erosion, rising seas, or [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4219,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[36,6,12],"tags":[],"audience":[],"class_list":["post-4216","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-conservation","category-coastlines","category-use-cases"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4216","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4216"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4216\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4635,"href":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4216\/revisions\/4635"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4219"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4216"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4216"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4216"},{"taxonomy":"audience","embeddable":true,"href":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/audience?post=4216"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}