{"id":4209,"date":"2025-05-12T12:51:25","date_gmt":"2025-05-12T12:51:25","guid":{"rendered":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/?p=4209"},"modified":"2025-06-03T09:18:55","modified_gmt":"2025-06-03T09:18:55","slug":"preserving-africas-heritage-from-space-a-conversation-with-dr-pamela-ochungo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/fr\/preserving-africas-heritage-from-space-a-conversation-with-dr-pamela-ochungo\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9server le patrimoine africain depuis l'espace : Une conversation avec le Dr Pamela Ochungo"},"content":{"rendered":"<p>Pamela Ochungo est une scientifique g\u00e9ospatiale qui a pour mission de jeter un pont entre le pass\u00e9 et l'avenir - depuis l'espace. Titulaire d'un doctorat en \u00e9cologie de la conservation et actuellement postdoctorante \u00e0 l'Institut britannique d'Afrique de l'Est, elle applique l'observation de la Terre (OT) \u00e0 la surveillance de l'environnement, \u00e0 la pr\u00e9servation des sites arch\u00e9ologiques et \u00e0 l'utilisation durable des terres. Dans cet entretien, Mme Ochungo explique comment des plateformes telles que Digital Earth Africa transforment la mani\u00e8re dont les chercheurs africains acc\u00e8dent aux donn\u00e9es satellitaires et les utilisent, et pourquoi cela change la donne pour la conservation du patrimoine, la collaboration et la recherche de pointe sur tout le continent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Commen\u00e7ons par vous pr\u00e9senter un peu. Pouvez-vous d\u00e9crire bri\u00e8vement votre parcours universitaire et de recherche ?<\/strong><br>Je suis un scientifique g\u00e9ospatial et un chercheur titulaire d'un doctorat en \u00e9cologie de la conservation, actuellement chercheur postdoctoral \u00e0 l'Institut britannique d'Afrique de l'Est. Mes travaux universitaires portent sur l'application de l'observation de la Terre (OT) et de la t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection \u00e0 la surveillance de l'environnement, \u00e0 la conservation du patrimoine et \u00e0 l'utilisation durable des terres. J'ai dirig\u00e9 et collabor\u00e9 \u00e0 plusieurs projets de recherche en Afrique, notamment en ce qui concerne l'utilisation de l'observation de la Terre pour comprendre la dynamique de l'occupation des sols, la surveillance des sites arch\u00e9ologiques et la conservation de la biodiversit\u00e9. J'encadre aussi activement de jeunes professionnels et \u00e9tudiants en sciences g\u00e9ospatiales par le biais d'initiatives telles que African Women in GIS (Femmes africaines dans les SIG) et Women in Space Kenya (Femmes dans l'espace au Kenya).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment avez-vous d\u00e9couvert Digital Earth Africa et qu'est-ce qui vous a incit\u00e9 \u00e0 explorer ses outils pour vos recherches ?<\/strong><br>J'ai d\u00e9couvert Digital Earth Africa \u00e0 l'occasion de la conf\u00e9rence internationale du Centre r\u00e9gional de cartographie des ressources pour le d\u00e9veloppement (RIC) de 2022 et de mon implication plus large dans la communaut\u00e9 africaine de recherche en t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection. La plateforme m'a paru particuli\u00e8rement int\u00e9ressante en raison de son accessibilit\u00e9, de sa couverture continentale et de la facilit\u00e9 avec laquelle elle permet aux chercheurs d'analyser des donn\u00e9es satellitaires librement disponibles \u00e0 l'aide de scripts pr\u00eats \u00e0 l'emploi, sans avoir besoin d'une infrastructure informatique de pointe.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Parlez-nous de vos recherches actuelles. Quel en est l'objectif et comment les donn\u00e9es d'observation de la Terre s'int\u00e8grent-elles dans votre travail ?<\/strong><br>Mes recherches actuelles portent sur le suivi des changements environnementaux et de l'impact humain sur les sites arch\u00e9ologiques et du patrimoine culturel au Kenya et dans certaines parties de l'Afrique. J'utilise la t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection et les SIG pour suivre les changements d'utilisation et de couverture des sols, d\u00e9tecter les premiers signes de d\u00e9gradation et \u00e9valuer les menaces qui p\u00e8sent sur ces sites. Les donn\u00e9es d'observation de la Terre, notamment les images Sentinel-2 et Landsat accessibles via des plateformes telles que DE Africa, sont au c\u0153ur de ce travail. En outre, j'utilise des images \u00e0 haute r\u00e9solution sur Google Earth Pro Explorer pour d\u00e9tecter et g\u00e9or\u00e9f\u00e9rencer les sites arch\u00e9ologiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment l'utilisation de la plateforme de DE Afrique a-t-elle enrichi votre parcours de recherche jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent ? Y a-t-il des outils ou des ensembles de donn\u00e9es sp\u00e9cifiques qui se distinguent pour vous ?<\/strong><br>DE Africa a consid\u00e9rablement r\u00e9duit les obstacles \u00e0 l'acc\u00e8s et au traitement des donn\u00e9es d'observation de la Terre \u00e0 grande \u00e9chelle. Les produits DEA Coastlines, Land Cover et Normalized Difference Vegetation Index (NDVI) ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement utiles dans mes recherches sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des sites du patrimoine c\u00f4tier et la d\u00e9gradation de l'environnement. La facilit\u00e9 d'acc\u00e8s aux donn\u00e9es via le bac \u00e0 sable a permis d'acc\u00e9l\u00e9rer la cr\u00e9ation de prototypes et la collaboration avec les coll\u00e8gues.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pouvez-vous nous faire part d'un moment d\u00e9cisif ou d'une avanc\u00e9e dans votre travail qui a \u00e9t\u00e9 rendu possible gr\u00e2ce aux ressources de DE Afrique ?<\/strong><br>La publication de notre r\u00e9cent article a constitu\u00e9 une avanc\u00e9e significative dans mes recherches,&nbsp;<em>&#8220;<\/em><a href=\"https:\/\/www.tandfonline.com\/doi\/full\/10.1080\/17445647.2025.2487454\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Dynamique du littoral et sites du patrimoine culturel au Kenya, en Tanzanie et au S\u00e9n\u00e9gal : Int\u00e9gration de la t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection et des connaissances arch\u00e9ologiques<\/em><\/a><em>,&#8221;<\/em>&nbsp;dans le&nbsp;<em>Journal des cartes (2025)<\/em>. Cette \u00e9tude visait \u00e0 \u00e9valuer la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des sites du patrimoine c\u00f4tier aux changements du littoral et \u00e0 l'\u00e9l\u00e9vation du niveau de la mer. Gr\u00e2ce \u00e0 l'imagerie satellite \u00e0 haute r\u00e9solution et aux outils analytiques de Digital Earth Africa (DE Africa), nous avons pu suivre et analyser la dynamique du littoral au fil du temps. Les ensembles de donn\u00e9es accessibles et complets de la plateforme nous ont permis d'identifier les zones o\u00f9 les sites du patrimoine culturel sont menac\u00e9s par l'\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re et d'autres facteurs environnementaux. Cette int\u00e9gration des donn\u00e9es d'observation de la Terre et de la recherche arch\u00e9ologique a permis d'obtenir des informations pr\u00e9cieuses qui contribuent \u00e0 l'\u00e9laboration de strat\u00e9gies de conservation et de d\u00e9cisions politiques visant \u00e0 prot\u00e9ger ces sites d'une valeur inestimable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Selon vous, qu'est-ce qui fait de DE Afrique une ressource pr\u00e9cieuse pour les chercheurs africains comme vous ?<\/strong><br>DE Africa met les chercheurs africains sur un pied d'\u00e9galit\u00e9 en rendant accessibles et gratuits des donn\u00e9es satellitaires de haute qualit\u00e9 et des outils d'analyse. Il permet aux chercheurs dans des contextes o\u00f9 les ressources sont limit\u00e9es de mener des analyses de pointe sans avoir besoin d'une infrastructure avanc\u00e9e, tout en apportant un soutien au d\u00e9veloppement des capacit\u00e9s et \u00e0 la collaboration.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avez-vous collabor\u00e9 avec d'autres chercheurs ou institutions dans le cadre de votre utilisation de l'E.D. Afrique ? Si oui, comment ce r\u00e9seau a-t-il influenc\u00e9 votre travail ?<\/strong><br>Oui, gr\u00e2ce aux formations et aux projets li\u00e9s \u00e0 l'Afrique de l'ED, j'ai nou\u00e9 des liens avec des chercheurs de tout le continent et du monde entier. Ces collaborations ont enrichi ma perspective de recherche, ont donn\u00e9 lieu \u00e0 des publications en collaboration et ont ouvert la voie \u00e0 des propositions de financement conjointes et \u00e0 des \u00e9changes d'\u00e9tudiants.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont, selon vous, les principaux obstacles \u00e0 une adoption plus large des donn\u00e9es d'observation de la Terre dans la communaut\u00e9 des chercheurs, et comment les surmonter ?<\/strong><br>Les principaux obstacles sont une culture num\u00e9rique limit\u00e9e, une m\u00e9connaissance des ressources disponibles en mati\u00e8re d'OT et un acc\u00e8s insuffisant \u00e0 l'internet ou \u00e0 la puissance informatique dans certaines r\u00e9gions. Ces obstacles peuvent \u00eatre surmont\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 un renforcement structur\u00e9 des capacit\u00e9s, \u00e0 l'inclusion de l'OT dans les programmes d'\u00e9tudes universitaires, \u00e0 une meilleure infrastructure internet et \u00e0 une plus grande sensibilisation des publics de chercheurs non traditionnels.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont vos espoirs pour l'avenir de DE Afrique, notamment en ce qui concerne le soutien \u00e0 la recherche de pointe sur le continent ?<\/strong><br>J'esp\u00e8re que DE Africa continuera d'\u00e9largir son offre de jeux de donn\u00e9es, d'am\u00e9liorer le mat\u00e9riel de formation dans les langues locales et de favoriser une communaut\u00e9 d'utilisateurs encore plus forte. J'envisage \u00e9galement que la plateforme int\u00e8gre des analyses pilot\u00e9es par l'IA pour une prise de d\u00e9cision plus rapide et qu'elle soutienne des applications localis\u00e9es pour la r\u00e9silience climatique, l'agriculture et la pr\u00e9servation du patrimoine, entre autres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Enfin, si vous pouviez donner un conseil \u00e0 un jeune chercheur qui envisage d'utiliser les outils de l'E.D. Afrique, quel serait-il ?<\/strong><br>Je leur conseillerais de commencer \u00e0 explorer t\u00f4t ; n'attendez pas d'\u00eatre un sp\u00e9cialiste. Les outils de DE Afrique sont intuitifs et soutenus par une communaut\u00e9 active. Combinez la curiosit\u00e9 et l'objectif, et vous trouverez non seulement des donn\u00e9es, mais aussi des opportunit\u00e9s de croissance, de mise en r\u00e9seau et d'impact.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dr Pamela Ochungo is a geospatial scientist on a mission to bridge the past and the future &#8211; from space. 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