{"id":5423,"date":"2026-04-29T06:06:46","date_gmt":"2026-04-29T06:06:46","guid":{"rendered":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/?p=5423"},"modified":"2026-04-29T06:06:49","modified_gmt":"2026-04-29T06:06:49","slug":"le-littoral-senegalais-en-voie-de-disparition-perspective-des-partenaires-scientifiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/digitalearthafrica.org\/ar\/le-littoral-senegalais-en-voie-de-disparition-perspective-des-partenaires-scientifiques\/","title":{"rendered":"Le littoral s\u00e9n\u00e9galais en voie de disparition : Perspective des partenaires scientifiques"},"content":{"rendered":"<p>Le littoral s\u00e9n\u00e9galais s&#8217;\u00e9tend sur plus de 718 kilom\u00e8tres. Il abrite des communaut\u00e9s de p\u00eacheurs, des for\u00eats de mangroves, des stations touristiques et de grands ports. Cependant, il subit une \u00e9rosion qui atteint, par endroits, des proportions dramatiques. Les donn\u00e9es satellitaires montrent que certaines sections du littoral de Kafountine, dans le sud du S\u00e9n\u00e9gal, reculent \u00e0 des vitesses d\u00e9passant 26 m\u00e8tres par an. Dans l&#8217;Aire Marine Prot\u00e9g\u00e9e de Kalone Bliss Kassa, le trait de c\u00f4te a recul\u00e9 en moyenne de pr\u00e8s de 101 m\u00e8tres en seulement 34 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces chiffres traduisent la menace qui p\u00e8se sur les habitations, les moyens de subsistance, les terres agricoles et les \u00e9cosyst\u00e8mes. Faire face \u00e0 cette crise exige une volont\u00e9 politique, une mobilisation communautaire, des donn\u00e9es scientifiques fiables et actualis\u00e9es, ainsi que des outils permettant de transformer ces informations en d\u00e9cisions concr\u00e8tes. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 qu&#8217;intervient le partenariat entre Digital Earth Africa (DE Africa) et le Centre de Suivi \u00c9cologique (CSE) du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><sup><sub>Un partenariat fond\u00e9 sur les donn\u00e9es ouvertes et une vision commune<\/sub><\/sup><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Digital Earth Africa est un programme continental d\u2019observation de la Terre qui transforme les donn\u00e9es satellitaires en informations exploitables pour les gouvernements africains, les chercheurs et les acteurs du d\u00e9veloppement. Le Centre de Suivi \u00c9cologique du S\u00e9n\u00e9gal ( CSE) , rattach\u00e9 au Minist\u00e8re de l\u2019Environnement et de la Transition \u00c9cologique, est l\u2019une des principales institutions d\u2019Afrique de l\u2019Ouest en mati\u00e8re de science c\u00f4ti\u00e8re, d\u2019appui \u00e0 la gouvernance et d\u2019action environnementale de terrain.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensemble, les deux organisations ont \u0153uvr\u00e9 pour mettre la puissance du suivi c\u00f4tier par satellite directement au service des gestionnaires du littoral s\u00e9n\u00e9galais.<\/p>\n\n\n\n<p>Au c\u0153ur de cette collaboration se trouve le Service de surveillance des c\u00f4tes de DE Africa, un outil en acc\u00e8s libre qui exploite les donn\u00e9es des satellites Landsat et Sentinel. Il permet de cartographier les dynamiques annuelles des traits de c\u00f4te et de mesurer le taux d&#8217;\u00e9rosion et d&#8217;accr\u00e9tion sur l&#8217;ensemble du continent africain. Pour le S\u00e9n\u00e9gal et la r\u00e9gion ouest-africaine, le CSE a jou\u00e9 un r\u00f4le central dans la validation de cet outil, la formation des institutions \u00e0 son utilisation et l\u2019int\u00e9gration de ses r\u00e9sultats dans les cadres nationaux et r\u00e9gionaux de planification c\u00f4ti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><sup><sub>Test et validation de l\u2019outil coastlines\u00a0<\/sub><\/sup><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Les donn\u00e9es issues de l\u2019observation satellitaire n\u2019ont de valeur qu\u2019\u00e0 la mesure de leur pr\u00e9cision. Le CSE a ainsi conduit une validation rigoureuse de l\u2019algorithme Coastlines de DE Africa en deux phases, afin de confirmer sa fiabilit\u00e9 pour la prise de d\u00e9cision op\u00e9rationnelle sur les c\u00f4tes ouest-africaines.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re phase, \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle r\u00e9gionale, a couvert les 12 pays membres de l\u2019Observatoire R\u00e9gional du Littoral Ouest-Africain (ORLOA), une instance que le CSE coordonne depuis 2018 dans le cadre du programme de gestion des zones c\u00f4ti\u00e8res d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (WACA). Des images satellitaires \u00e0 tr\u00e8s haute r\u00e9solution ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es comme donn\u00e9es de r\u00e9f\u00e9rence pour tester les r\u00e9sultats produits par le service Coastlines de DE Africa .<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me phase a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e le long du littoral s\u00e9n\u00e9galais. Elle a combin\u00e9 des relev\u00e9s par drone, produisant des orthomosa\u00efques \u00e0 r\u00e9solution centim\u00e9trique, et des lev\u00e9s de terrain au DGPS pour obtenir des mesures d&#8217;une pr\u00e9cision sans pr\u00e9c\u00e9dente. La comparaison entre les donn\u00e9es de DE Africa Coastlines et ces mesures de terrain a confirm\u00e9 que l\u2019outil extrait la dynamique&nbsp; du trait de c\u00f4te et les taux de changement avec une grande exactitude. Cela valide sa robustesse scientifique ainsi que son applicabilit\u00e9 op\u00e9rationnelle pour la planification c\u00f4ti\u00e8re et la gestion des risques.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce travail de validation a eu une port\u00e9e d\u00e9passant les fronti\u00e8res du S\u00e9n\u00e9gal. Il a contribu\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir DE Africa Coastlines comme un outil r\u00e9gional cr\u00e9dible en Afrique de l\u2019Ouest et a directement favoris\u00e9 l\u2019harmonisation des approches de suivi c\u00f4tier entre les \u00c9tats membres de l\u2019ORLOA.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><sup><sub>Des donn\u00e9es aux d\u00e9cisions<\/sub><\/sup><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La validation seule ne suffit pas \u00e0 induire le changement. C&#8217;est pourquoi le CSE a \u00e9galement investi dans la diss\u00e9mination et l\u2019appropriation de l\u2019outil par les institutions qui en ont le plus besoin.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale, des ateliers ont r\u00e9uni les pays membres de l\u2019ORLOA pour partager la m\u00e9thodologie, \u00e9changer sur les r\u00e9sultats et harmoniser les approches de suivi des traits de c\u00f4te. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle nationale, des sessions de formation ont rassembl\u00e9 les universit\u00e9s, les centres de recherche, les minist\u00e8res sectoriels et les directions techniques. Ces sessions ont offert \u00e0 un large \u00e9ventail de praticiens un acc\u00e8s concret \u00e0 la plateforme de DE Africa, tout en renfor\u00e7ant leurs capacit\u00e9s \u00e0 analyser, interpr\u00e9ter et int\u00e9grer les donn\u00e9es sur la dynamique des c\u00f4tes dans les processus de planification territoriale et de gestion des risques.<\/p>\n\n\n\n<p>Il en r\u00e9sulte la consolidation d\u2019un r\u00e9seau r\u00e9gional d\u2019expertise et un renforcement continuel des capacit\u00e9s institutionnelles \u00e0 exploiter les donn\u00e9es d\u2019observation de la Terre pour une gouvernance c\u00f4ti\u00e8re durable.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><sup><sub>La science au service des communaut\u00e9s<\/sub><\/sup><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le partenariat entre DE Africa et le CSE s&#8217;inscrit dans un effort bien plus large du CSE pour prot\u00e9ger le littoral s\u00e9n\u00e9galais et les communaut\u00e9s qui en d\u00e9pendent. \u00c0 travers de multiples projets, notamment le programme WACA, le CSE a mobilis\u00e9 les donn\u00e9es satellitaires pour la gestion des c\u00f4t\u00e9s, des solutions fond\u00e9es sur une forte mobilisation communautaire et d&#8217;un appui constant \u00e0 la gouvernance.<\/p>\n\n\n\n<p>En Casamance, l&#8217;analyse de l&#8217;\u00e9volution des traits de c\u00f4te issue des donn\u00e9es de DE Africa a guid\u00e9 le d\u00e9ploiement d&#8217;\u00e9pis Maltais-Savard. Ces structures l\u00e9g\u00e8res, faites de bois entrelac\u00e9 de feuillages, pi\u00e8gent le sable et permettent de reconstituer les plages en \u00e9rosion. Dix de ces ouvrages ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s \u00e0 Diembering et sept \u00e0 Pointe Saint-Georges, avec des r\u00e9sultats d\u00e9j\u00e0 visibles et positifs. Dans l\u2019Aire Marine Prot\u00e9g\u00e9e de la Langue de Barbarie, pr\u00e8s de Saint-Louis, des palissades en typha ont permis de restaurer les dunes littorales protectrices, b\u00e9n\u00e9ficiant \u00e0 environ 200 familles agricoles et favorisant le retour de 52 esp\u00e8ces d\u2019oiseaux d\u00e8s 2023.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans chaque cas, des donn\u00e9es fiables sur la dynamique du trait de c\u00f4te ont constitu\u00e9 le socle sur lequel ces interventions ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues et cibl\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><sup><sub>Les statistiques\u00a0 r\u00e9v\u00e8lent<\/sub><\/sup><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>L&#8217;ampleur du d\u00e9fi de la dynamique des c\u00f4tes&nbsp; au S\u00e9n\u00e9gal est consid\u00e9rable. Des \u00e9tudes men\u00e9es dans les communes de Bargny, Gandon, Kafountine et Y\u00e8ne ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des taux d&#8217;\u00e9rosion variant de -0,21 \u00e0 -5,58 m\u00e8tres par an. Les projections sugg\u00e8rent que ces taux pourraient atteindre -111,6 m\u00e8tres par an \u00e0 Saloulou (Kafountine) d&#8217;ici 2044. De plus, entre 70 et 93 % des m\u00e9nages de ces communaut\u00e9s ne disposent d&#8217;aucune documentation formelle attestant leurs droits fonciers, ce qui aggrave leur vuln\u00e9rabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;Indice de Vuln\u00e9rabilit\u00e9 Communale a atteint sa valeur la plus \u00e9lev\u00e9e \u00e0 Bargny (255), compar\u00e9 \u00e0 Gandon (160), Y\u00e8ne (149) et Kafountine (125). Ce score t\u00e9moigne de l&#8217;imbrication croissante entre \u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re, ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et fragilit\u00e9 sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces chiffres illustrent pourquoi le partenariat entre une initiative continentale avec des plateformes de donn\u00e9es \u00e0 acc\u00e8s libre comme DE Africa et une institution nationale ancr\u00e9e dans les r\u00e9alit\u00e9s du terrain comme le CSE est si d\u00e9terminant. Des donn\u00e9es d\u00e9pourvues d&#8217;expertise locale ne peuvent atteindre ceux qui en ont besoin ; \u00e0 l&#8217;inverse, une expertise locale sans donn\u00e9es fiables ne peut convaincre ni les investisseurs ni les d\u00e9cideurs. Ainsi, les deux sont ind\u00e9niablement plus forts ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour DE Africa, la collaboration avec le CSE illustre pr\u00e9cis\u00e9ment le mod\u00e8le de mise en \u0153uvre nationale qui donne aux outils satellitaires continentaux leur v\u00e9ritable valeur ajout\u00e9e ax\u00e9e sur une validation ancr\u00e9e dans les r\u00e9alit\u00e9s locales, une int\u00e9gration institutionnelle durable, un transfert de comp\u00e9tences et un lien direct avec les communaut\u00e9s et les \u00e9cosyst\u00e8mes dont&nbsp; ces donn\u00e9es informent le protection durable.<\/p>\n\n\n\n<p>Consultez le <a href=\"https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/1Ta3n3VItWg-NSaWnZzCn_1ixczfWDcKC\/view\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">rapport complet <\/a>du Centre De Suivi \u00c9cologique<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le littoral s\u00e9n\u00e9galais s&#8217;\u00e9tend sur plus de 718 kilom\u00e8tres. 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